Le Noctambule
Le NOCTAMBULE - Un jeu de rôle dans les mondes d’Howard Phillips Lovecraft -
Synopsis Acte 1. Le Noctambule Acte 2. Délires Macabres Acte 3. Le Chant des Etoiles 4. L'Héritage Annexes générales Trucs de gros Jean-foutre (conneries) Contactez Le Noctambule
 

La malédiction

Au sortir du passage se l’Égyptien, les investigateurs n’ont plus qu’environ deux heures avant de se sentir attirés par le Grand Sombre (voir D - Annexe sur Le Grand Sombre). Pour le moment, ils peuvent espérer se reposer un peu, à moins qu’ils ne décident de se précipiter chez Silvens, entre autres choses dans l’infinité des possibilités.

Retour chez-eux

Tous découvrent cloué sur leur porte d’entrée un cadavre de chauve-souris / dessin de Dragon / Texte onirique (selon les groupes de PJs, cet avertissement peut apparaître avant même leur rencontre avec Silvens). De même, ils trouvent tous un mot de Silvens qui désire les voir le plus rapidement possible.

Chez Silvens

Il a l’air horrifié. Il tient lui aussi une chauve-souris morte (ou dessin de dragon / texte onirique ?) dans ses mains (si les joueurs ne sont pas passés chez eux, il leur suggère d’aller voir s’ils ne sont pas frappés du même malheur). Il leur explique que sous son masque de scientifique acharné, il y a certain éléments qui le font douter de la foie qu’il professe. Cartésien en mal d’explication, il souffre horriblement. Il avoue avoir eu l’occasion de rencontrer des phénomènes liés au mythe ( il peut leur en parler brièvement et leur apporter ainsi quelques connaissances).

Il ignore encore pourquoi, mais le Noctambule, selon lui, a d’étroits rapports avec son expérience antérieure. Désormais, Silvens est solidaire avec les investigateurs, et se propose de rejoindre leur groupe. De plus, il est l’heure pour lui de se dévoiler aux yeux des investigateurs.

- Je n’ai pas voulu en parler lors de notre première rencontre, mais le Noctambule est un lieu qui ne m’est pas inconnu.

Il emploie ce genre de tournure si les joueurs se sont confiés à lui auparavant, où s’ils le font immédiatement après leur entrevue avec Ali. Sinon, il les amène lui-même au sujet qui les concerne, par exemple :

- Je sais ce qui vous a poussé jusqu’à mon bureau, vos troubles du sommeil ne me sont pas étrangers. Vous auriez du m’en parler, j’aurais pu comprendre. En fait, c’est du Noctambule dont vous vous refusiez à me parler !

Dans tous les cas, il finit par expliquer qu’il a déjà fréquenté le Noctambule par deux fois seulement, mais qu’il en garde un souvenir effroyable, de par l’endroit et les gens qu’il y a rencontré, et de par la peine qu’il a eut pour ne pas y retourner. D’aucuns peuvent s’étonner, car n’oublions pas que d’après ce que savent les joueurs, une fois que l’on a trouvé la route du Grand Sombre, il est impossible de ne pas y retourner chaque soir, où presque. Ce dernier doit quelques explications, et il s’étend de manière conséquente.

Le passage qui va suivre peut être écourté à votre guise, mais une longue confession saura certainement mettre en confiance les PJs face à ce personnage démoniaque.

- C’était il y a environ 5 ans, à Boston. J’entamais des recherches sur le sommeil. J’avais constaté au hasard de mes recherches l’extrême réceptivité de nombreux sujets durant leur sommeil à des messages, ou à des phénomènes extérieurs à leur état. Une fois réveillés, il leur devenait impossible de s’en souvenir de manière consciente, et dans les heures qui suivaient, ils agissaient de façon quasi-conditionnée à des messages répétés durant la nuit. Ou encore, lorsque l’expérience n’avait pas consistée à la répétition d’un message, mais en une action directe dans le périmètre où ils dormaient, par exemple la chute d’un objet tout près de leur lit ou le bris d’un miroir, leur attitude se montrait tout aussi singulière. La peur est je crois ce qui la caractérisait le mieux. Le bruit d’un miroir se brisant devenait, quelques heures après leur réveil, l’objet d’une crainte que je n’expliquait pas. Tous étaient de bons dormeurs. Leur vie était réglée de manière à ce qu’ils dorment 10 à 11 heures par nuit, et leur sommeil était pris très au sérieux par chacun d’eux. Je conclu de façon première que l’importance du sommeil était si grande à leurs yeux que le bruit insuffisant pour les éveiller prenait tout de même des allures d’intrus, et qu’il devenait source d’insécurité. Insécurité pour leur vie, puisque dans l’incapacité de dormir, ils se montraient fatigués et grincheux, et tout ce qu’ils appréciaient du monde de l’éveil s’en trouvait diminué. L’analyse se montrait un peu légère et j’en avais conscience.

Ici, le professeur Silvens s’excuse de s’étendre aussi longuement devant des personnes avides de réponses, mais promet d’en arriver rapidement à ce qui les concerne immédiatement. Il reprend.

- Je pensais ne plus trop avancer dans mes recherches quand ils se mirent tous à redouter de s’endormir, à veiller jusqu’à tomber de fatigue. Je reprenais mon étude avec un espoir renouvelé. Au préalable, j’avais surveillé le pouls de tout mes sujets. Lorsque le bruit ou le message interrompait leur cycle, le pouls s’accélérait jusqu’à regagner à très peu de chose près le rythme de leur état éveillé. Celui-là même qu’il présentait au moment de sombrer dans une première phase de sommeil. C’est-à-dire que le bruit ramenait leur état de conscience à celui d’un demi-sommeil, cet état que présente n’importe qui, de manière plus ou moins longue, au moment même ou sa conscience se trouve entre l’éveil et le sommeil. C’est cet état qu’ils fuyaient, refusant de se coucher. Ils préféraient un sommeil plus rapide engendré par la fatigue qui écourte de manière considérable le temps de passage entre les deux mondes.

- Peu de temps après, j’observais un de mes patients en proie à d’incessantes insomnies. Au travers d’une vitre sans teint, je le vis se retourner dans son lit et trouver semble t’il le sommeil. Son pouls diminuait, et se stabilisa rapidement dans la zone que j’ai déjà nommé demi-sommeil. Il se mit à bouger énormément et pourtant, son pouls n’évoluait plus. A ma grande surprise, il se dressa brusquement et se leva. Son activité cardiaque demeurait constante. Marchant jusqu’à la porte, il arracha les capteurs placés sur sa poitrine, toute lecture devenait impossible, mais c’était suffisant. J’avais compris : il était devenu somnambule. J’entrepris de le suivre. Il marchait d’un pas décidé, ce qui me sembla singulier, mais je me refusais d’intervenir. Pendant plus d’une demi-heure, il marcha sans chercher son chemin, jusqu’à ce que l’incroyable se produisit sous mes yeux. Son corps devint de couleur diaphane, et en filigrane, se détacha lentement un corps éthéré présentant les même traits que mon patient. Son enveloppe charnelle tomba mollement sur le sol, et l’être issu du corps s’enfonça dans un mur voisin et disparu à la manière d’un spectre de conte pour enfants. Je m’approchais du corps, et qu’elle ne fut pas ma surprise de constater que mon patient dormais à poings fermés !

Ici, Silvens envenime son monologue, ses yeux semblent ceux d’un dément apeuré.

- Bien sûr que je connais le Noctambule ! Après avoir attendu toute la nuit, l’espèce de spectre regagna son corps et tous deux déambulèrent sur plusieurs centaines de mètres, puis s’arrêtèrent. L’éveil repris le dessus. Il regarda tout autour de lui, s’étira et se tourna vers moi. J’allais à sa rencontre, avide de réponses, mais celui-ci éluda toutes mes questions, m’expliquant qu’il avait fait un choix sur lequel il ne pouvait revenir. De même qu’il en était fini de sa collaboration à mes expériences, et qu’il était certain que je comprendrais un jour. Le malheureux avait raison. Je décidais le soir même de perdre le sommeil, le temps nécessaire pour vivre une expérience similaire.

- Je gagnais, après trois semaines de doute, la route du Noctambule, sorte de cabaret atemporel que vous connaissez au même titre que moi. A la seule différence que je parvint à ne pas y retourner plus de deux fois. Comment ? C’est bien simple. Les sujets que j’avais choisis me donnèrent tous leur démission, à l’exception de trois d’entre eux dont les réactions étaient en totale contradiction avec les autres depuis le début. J’avais misé sur l’individualité de chacun devant le sommeil, mais le pourquoi m’apparut bientôt évident. Tout trois vivaient à New-York ! Le Noctambule était l’épicentre d’une zone attractive. Je partis sur le champs pour New-York, et pour une cure de sommeil. Le résultat se fit sentir immédiatement. Je regagnais le sommeil et n’eus plus jamais, même à mon retour, à souffrir du Grand Sombre. En bon scientifique que je suis - il sourit - je pris des nouvelles de mes anciens patients. Cinq d’entres eux étaient morts ! Les journaux parlaient dans les cinq cas d’une chauve-souris morte (ou dessin de dragon / texte onirique ?) qu’ils avaient trouvé la veille de leur décès. Tous avaient été retrouvé atrocement mutilés. Il semble bien que tous ceux qui subissent cet avertissement trouvent la mort dans les 24 heures qui suivent. Vous comprenez ce que je veux dire ?! C’est la même chose qui nous arrive. Mais il y a pire... regardez !

Silvens leur tend une coupure de presse. On y recense pour la région de Boston un taux d’insomnie croissant. L’article est signé de la docteur Janet Breuer, psychiatre exerçant au Sanatorium de North Island. Elle décrit une situation, sinon alarmante, au moins inquiétante. De plus en plus de ses patient se plaignent de perdre le sommeil, et la situation qu’elle croyait propre a sa clientèle s’étend, au dire de ses collègues, à toute la région de Boston.

Le professeur reprend de manière un peu sombre.

- Moi-même, j’ai recommencé à perdre le sommeil. Désormais, ce ne sont plus les gens qui se rendent au Noctambule qui se retrouvent prisonniers de son aura, mais c’est lui qui, des profondeurs de son enclave, harangue les foules, et forme un contingent d’insomniaque à la gloire du Grand Sombre. J’ignore comment, mais de temps à autre le Noctambule s’active, sans qu’on puisse définir de cycle temporel évident. Quoi qu’il en soit, j’ai bien peur que quiconque contrarie son action se retrouve face à une chauve-souris morte (ou dessin de dragon / texte onirique ?). Il nous faut partir de Boston le plus rapidement possible si nous ne voulons pas retourner au Noctambule, et peut-être même quitter les États-Unis dans les 24 heures si nous ne voulons pas périr sous le coup de la Malédiction.

Désormais, les investigateurs associés à Silvens ne peuvent que partir. Une soixantaine de kilomètres devraient suffire. Il ajoutera, durant le trajet, que l’aura du Noctambule devrait s’étendre si on ne trouvait pas le moyen d’enrayer le processus.

Suivant l’horaire, cette scène peut avoir lieu soit chez Silvens, dans son bureau, dans le train, ou en voiture.

Il est intéressant de faire naître entre le professeur et les investigateurs une amitié et une ambition commune, afin qu’ils ne puissent jamais douter de ce personnage qui représente, dans le monde réel, l’archétype de Phil McPherson, le père adoptif d’Aleister Mac Pherson (l’égyptien Ali de cette aventure sous profonde hypnose). Ali et Silvens symbolisent à eux deux l’ultime terreur des PJ, qu’ils associent inconsciemment à l’horreur nommée Nyarlathotep, le premier et le septième Dieu du Grand Sombre.



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